Radiohead et l’animation : l’amour de l’imaginaire

Ceux qui me connaissent bien savent que si je ne devais choisir qu’un seul groupe ce serait sans doute Radiohead et son leader Thom Yorke, parfaitement sain d’esprit et de corps.

 

 

 

 

 

Après une disparition bien marketée d’internet, teasing évident de la sortie imminente du prochain album, réapparition avec trois minis vidéos sur Instagram. Et enfin, le clip de Burn the Witch sur Youtube et le site internet du groupe.

Burn the witch ça ne vous rappelle rien ?

Evidemment ! Mon autre groupe préféré après Radiohead : les éminents Queens of the Stone Age et ginger Elvis mon amour (sachez que tous les chanteurs sont mes amours, coucou Yannis Philippakis !)

Oui mais là il s’agit de ce clip là !

Radiohead m’ayant habitué aux clips les plus improbables de la terre, rien ne m’a étonné dans cette vidéo d’animation tout droit sortie de « Debout les Zouzous » des années 60. Les premières notes avec ce chant d’oiseau puis ce départ à la Coldplay me font peur, très peur, puis le dépressif progressif que j’aime tant dans leur musique arrive enfin, c’est beau, ça monte en crescendo et la voix de Thom est plus lancinante (dans le sens positif du terme) que jamais. Extase sonore, je réécoute 1000 fois.

Parlons maintenant du clip que certains voient comme une critique politique contre la xénophobie : oui effectivement, un étranger arrive au village, on fait tout pour l’accueillir mais derrière on le stigmatise pour finir par le brûler sur un « Buuuurniiing maaaaan » dans lequel il s’est lui même fourré (de la à faire un parallèle avec la montée du Front National il n’y a qu’un pas).

Ce que j’apprécie particulièrement dans ce clip, c’est que Radiohead fait la part belle aux techniques de l’animation. Ici, un hommage fort et non dissimulé à Trumptonshire Trilogy, série anglaise des années 60 crée par Gordon Murray. Petit « monde parfait » en stop motion. Mais également une référence à The Wicker Man, film de 1973 avec son burning man géant.

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Trumptonshire Trilogy

 

Robin HardyÕs THE WICKER MAN (1973). Courtesy: Rialto Pictures/ Studiocanal

Robin Hardy Õs THE WICKER MAN (1973). Courtesy: Rialto Pictures/ Studiocanal

Mais l’animation a toujours été mise à l’honneur dans les différents clips de Radiohead, préférant raconter des histoires, parfois absurdes, que de se mettre en scène (sauf dans Lotus Flower et la danse psychédélique du chanteur, rappelez-vous). Seul le visage de Thom surgit parfois de l’imaginaire de ces vidéos. J’ai sélectionné ici quelques clips pour retracer l’amour que Radiohead porte aux techniques de l’animation. Il en manque sûrement, n’hésitez pas à les partager. Je vous retrouve bientôt pour parler de Radiohead car je vais au concert le 23 mai prochain au Zenith de Paris ! (pas taper!)

> Paranoid Android – Radiohead – Album Ok Computer – 1997

Sans doute le morceau le plus magnifique du groupe (je dis ça objectivement bien sûr), le clip est directement tiré du dessin animé Robin de créé par Magnus Carlsson. Le dérangeant est à l’honneur ce qui va de paire avec l’atmosphère musicale du morceau.

> 2+2=5 – Radiohead – Album Hail to the Thief – 2003

Tiré de l’album splendide Hail to the Thief, ce morceau, dont le titre 2+2=5 est une référence souvent utilisé pour dénoncer un argument à la logique absurde, fait écho à 1984 de Georges Orwell lorsque le personnage, à force de retirer sa liberté de penser, finit par admettre que 2 + 2 font 5. Le clip est l’un des plus glauques que j’ai pu voir, pourtant minimaliste dans les dessins et dans l’animation, le message véhiculé en est d’autant plus fort…  Rouge, blanc et noir sont les couleurs maîtresses et participent au malaise général du clip. Musicalement, un autre morceau grandiose du groupe.

> There There – Radiohead – Album Hail to the Thief – 2003

Autre perle de cet album de 2003, There There, comme Burn the Witch, utilise la technique du Stop Motion dans ce clip où Thom erre dans un monde imaginaire sombre et inquiétant. Il y rencontre divers animaux de la forêt et finit par une course déjantée. Le clip réalisé par Chris Hopewell est inspiré du dessin animé Bagpuss, effet old school assuré!

> Go to Sleep – Radiohead – Album Hail to The Thief – 2003

Décidément, à croire que cet album de Radiohead détient la palme des clips d’animation. Ici Go to Sleep utilise la technique de la motion capture : les mouvements ont été directement pris sur le chanteur puis retravaillé numériquement. Volontairement non lissée, le résultat semble aujourd’hui furieusement dépassé…

> Pyramid Song – Radiohead – Album Amnesiac – 2001

On passe à l’album le plus down du groupe (à écouter dans son bain un dimanche pluvieux) avec Pyramid Song. Entièrement réalisé en 3D, on évolue dans un monde imaginaire à travers un homme, seul survivant d’une immense inondation mondiale (bonjour Noé). La qualité du clip sur YouTube ne nous permet pas d’apprécier la beauté réelle de ce clip onirique.

> Motion Picture Soundtrack – Radiohead – Kid A – 2000

Dernier morceau de l’album d’abord contesté puis adoré Kid A. On voyage à nouveau dans un monde imaginaire, mélangeant images statiques, dessins animés et une tête super flippante de Thom Yorke en 3D….

> House Of Cards – Radiohead – In Rainbow – 2007

C’est loin d’être mon morceau préféré (perso je m’y ennuie ferme…) mais le clip mérite sa place ici. Clip réalisé par James Frost et Aaron Koblin. Tourné en Floride, le clip utilise la technologie lidar. Avec un effet « caméra thermique », sur les couleurs c’est cette technologie qui donne cet aspect granuleux. Encore une fois, Thom Yorke met son visage et son physique de rêve (sic) au premier plan (une autre redondance dans ses clips, une autre analyse à venir ?)

> I Might Be Wrong – Radiohead – Album Amnesiac – 2001

On retrouve la tête de Thom Yorke mélangée à des dessins noirs et blancs de l’univers de l’album Amnesiac. Encore une fois, comme pour 2+2=5, le technique du dessin à la main est privilégiée. Un clip à regarder et écouter que si vous vous sentez positivement bien dans votre tête!

> Bonus : Before Your Very Eyes – Atoms for Peace – 2013

Autre formation avec Thom Yorke, Atoms for Peace sort un unique album, Amok, en 2013. Une vraie réussite. On voyage à nouveau grâce au visage de Thom dans des sables mouvants qui semblent emporter tout sur leurs passages. L’animation semble encore hésitante, la caméra tremble, ça manque de fluidité mais c’est sans doute l’effet voulu dans ce clip.

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